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Medjugorje, 20 ans déjà...
"Je suis venue appeler le monde à la conversion pour la dernière fois. Après cela, je n'apparaîtrai plus sur cette terre". ( 2 mai 1982 "Paroles du Ciel" p. 78) Medjugorje est donc le point final, ou en attendant, le point d'orgue, des interventions de Marie dans le monde. Est-il possible de recenser toutes ces interventions ? Non ! Les experts de la 42ème semaine mariale de Saragosse ne se prononcent que sur le 2ème millénaire et avancent le chiffre de 21 000 ! (QUID 2001, p. 502) Un tel chiffre recouvre probablement des manifestations d'intérêt secondaire et de valeurs diverses. Nous arrêterons notre regard sur les deux derniers siècles où les épiphanies de Marie se sont faites plus pressantes. Laissons Monseigneur Léonard nous les commenter : "Comment ne pas être frappé, sauf à les ignorer, par la multiplicité des apparitions de la Vierge Marie à notre époque, et en tout cas depuis 1830 : - Catherine Labouré, petite soeur de la
Charité, rue du Bac à Paris, a connu bien d'autres
choses que la fameuse Médaille Miraculeuse en 1830.
- En 1846 c'est l'apparition de la Salette près de Corps en Isère. - C'est Lourdes avec Bernadette Soubirous en 1858.
- Pontmain, dans la Mayenne en 1871 où
une grande partie du village peut suivre les événements.
- Pellevoisin, près de Châteauroux
en 1876.
- Fatima, au Portugal en 1917, avec les prolongements
pour soeur Lucie, où il sera question de la France en particulier.
- Beauraing et Banneux en Belgique, Beauraing,
diocèse de Namur en 1932-1933 et Banneux, non loin, diocèse
de Liège en 1933, au moment où le pouvoir en Allemagne
devenait ce que l'on sait.
Sans compter les lieux d'apparitions qui ne sont pas officiellement reconnus mais où les fruits sont déjà si éloquents qu'il serait inconvenant de ne pas y prêter attention. Pourquoi cette multiplicité d'apparitions ? Disons d'emblée quelle n'a rien a voir avec la proximité du troisième millénaire. Notre manière de compter les siècles et les années est propre à l'homme et n'impressionne pas Dieu. Ce qui provoque l'accélération récente des interventions surnaturelles, c'est plutôt la situation spirituelle de l'humanité qui depuis cent cinquante ans s'est enfoncée à vitesse croissante, surtout en occident, dans un athéisme théorique et pratique dont les conséquences morales, chaque jour plus graves, sautent aux yeux. Chaque apparition est comme un appel insistant du Seigneur, une invitation pressante à ne pas perdre l'unique nécessaire de cette vie". (Ce commentaire de l'évêque de Namur est cité en introduction de l'excellent livre de Nicolas JOURNÉ qui brosse une synthèse des apparitions majeures : " Secours du Ciel " - éditions du Ver Luisant - préface de Soeur Emmanuel).
Oui, le Seigneur nous envoie toujours sa Mère pour venir à notre secours. Le pape Pie XI (1922-1939) avait prophétisé la venue d'un déluge d'erreurs comme cela ne s'était jamais produit depuis le déluge originel. Mais Dieu est fidèle à sa Parole et à son Alliance (Gn 9), à ce déluge d'erreurs il a répondu par un déluge d'amour. Si Dieu envoie Marie si souvent sur terre, c'est pour qu'Elle écrase la tête de son ennemi. Laissons un intime de Marie nous le confirmer : "En Dieu se produit cette diffusion d'amour qui va jusqu'à l'Incarnation. C'est cela que Lucifer a refusé. Il a gagné une victoire sur l'homme par le péché originel et l'a séparé de Dieu ; et comme il n'a pu empêcher l'Incarnation ni la Rédemption, il fait tout pour empêcher le retour à Dieu de l'humanité, l'assomption de l'homme dont l'Assomption de Marie est le prélude et le signe. Voilà qui explique les innombrables apparitions de la Très Sainte Vierge, son intervention toujours plus pressante depuis un siècle pour amener le monde à la prière et à la pénitence, pour l'appeler au "grand retour"... (Père G. Finet "notes d'un retraitant" p 31) Comment comprendre autrement la venue de Marie un 24 juin à Medjugorje, en la fête de Saint Jean Baptiste, le grand précurseur. Mais si Marie s'efforce d'aplanir le chemin, si elle travaille encore et toujours à l'Enfantement, l'adversaire n'a toujours pas dit son dernier mot et, avec l'énergie du désespoir et faute de mieux, il se régale en perturbant ces agapes auxquelles il n'est pas convié. Mais tout au plus, lui restera-t-il cinq cailloux sur l'estomac. Ces cinq armes que Marie nous a données à Medjugorje pour vaincre ce Goliath : la prière, le jeûne, la Bible et les sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie. Comme David a choisi dans le torrent cinq cailloux bien rond (1S 17), Marie a choisi pour nous ces cinq joyaux polis au torrent de sa grâce, pour nous conduire à son Fils : la Pierre Vivante que Dieu a choisie. Faut-il le dire, ces cailloux que nous ramassons amoureusement sur le Podbrdo n'ont pas pour vocation de prendre poussière au fil des ans sur nos petits autels de prière, mais de nous rappeler chaque jour à notre vocation de pierres vivantes. C'est bien à la lumière de la première épître de Pierre que l'appel de Marie prend tout son sens : "Soyez semblables à des enfants nouveaux nés, soyez avides de la Parole, comme d'un lait qui vous fera grandir pour arriver au salut, puisque vous avez goûté combien le Seigneur est bon, comme dit l'Écriture. Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante, que les hommes ont éliminées mais que Dieu a choisie parce qu'il en connaît la valeur. Vous aussi soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel... Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte..." (1P 2). Ce chapitre 2 de la première encyclique de notre premier Pape inspire tout le chapitre 10 de la Constitution de l'Église de Vatican II, où l'on peut lire : "Les fidèles, eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur concourent à l'offrande de l'Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l'action de grâce, le témoignage d'une vie sainte et par leur renoncement et leur charité effective..." Tout est en cohérence et nous avons retrouvés tous nos cailloux qui nous montrent, ici, l'enracinement profond du message de Medjugorje dans l'Écriture et les fondements de l'Église.
"Mais l'Église n'a pas reconnu les faits..." entend-on de toute part. La reconnaissance officielle viendra en son temps. Un message trop oublié est pourtant très clair : "Il faut suivre l'autorité de l'Eglise. Cependant avant qu'elle ne se prononce, il faut avancer spirituellement, car elle ne pourra se prononcer dans le vide, mais dans une confirmation qui suppose la croissance de l'enfant. En premier vient la naissance, suivie du baptême, puis de la confirmation. L'Église viendra confirmer ce qui est né de Dieu..." (1986 - Paroles du Ciel p. 111) En attendant le temps de la reconnaissance officielle, nous sommes donc dans le temps de la croissance et ce temps est le notre, le temps des premiers témoins. Le temps de ceux qui n'ont pas à reconnaître des faits mais une personne. Car ce ne sont pas d'abord les apparitions qu'il faut reconnaître mais celui ou celle qui apparaît ! Si Marie Madeleine n'avait pas reconnu Jésus, l'Evangile n'aurait jamais parlé de ce jardinier près du tombeau (Jn 20, 11-18). Si les pèlerins d'Emmaüs n'avaient pas reconnu Jésus, l'Evangile ne parlerait pas de ce marcheur solitaire (Lc 24, 13-32). Si Jean, le premier, n'avait pas reconnu Jésus au bord du lac, Pierre ne se serait pas jeté à l'eau pour un baptême de vérité (Jn 21, 1-14). Alors, à qui revient d'abord de reconnaître les évènements de Medjugorje ? A ceux qui, dans leur coeur soudain ouvert, ont découvert la beauté de leur nom de baptême susurré par des lèvres amoureuses. A ceux qui, dans la lumière retrouvée des Écritures, ont redécouvert le Pain de Vie. A ceux qui, comme Pierre nu sur le bois de sa barque et se découvrant embarqué dans le poids du péché, ont sauté dans cette eau qui s'épanche du coeur de la Mère de la Miséricorde. Tous ceux-là peuvent bien crier leur reconnaissance. Qui leur enlèvera ce droit ? Plus qu'un droit, c'est un devoir que nous avons de manifester ce "sensus fidelium" afin qu'avec Mgr Emilio BATACLAN des Philippines tous les évêques s'écrient un jour : "Croire que la Gospa est ici ne me pose aucun problème, car le sensus fidelium me dit le premier que Marie est ici". (Press Bulletin n°131, 01/12/1999) En attendant ce jour, les "éternels" septiques s'épuiseront à disséquer la vie des voyants, à tomographier les moindres faits et gestes des franciscains d'Herzégovine. Par le mauvais bout du microscope, on peut toujours réduire les interventions divines à des paroles de quelque ancienne prostituée, de quelques utopistes déçus, de quelques pêcheurs maladroits et peu instruits... Face à cela, il serait bien orgueilleux de jouer les petits "malins" qui ont tout compris. A ceux qui ont beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé et notre responsabilité est grande. C'est la qualité de notre conversion qui sera le ferment qui lèvera le monde, qui le libèrera du tombeau de sa désespérance et de ses efforts bredouilles pour son assomption finale. Pour ne pas nous décourager, rappelons-nous que lorsque Dieu laisse s'endurcir les coeurs, que ce soit celui d'un pharaon ou d'un grand prêtre, c'est afin que ce manifeste le passage de la Pâque. Nous savons aussi, depuis Pascal, que Dieu, dans son infinie sagesse, a créé le monde avec assez de lumière pour ceux qui veulent croire, et assez d'obscurité pour ceux qui ne veulent pas croire. Les dernières interventions de la Mère de Dieu dans la création sont porteuses de cette sagesse. Faut-il s'en étonner ? "Je suis venue appeler le monde à la conversion pour la dernière fois. Après cela, je n'apparaîtrai plus sur cette terre". Oui ! Nous sommes face à l'urgence du Royaume. Pie XII avait baptisé l'année 1949, l'année du grand retour. C'était l'année préparatoire à la proclamation du dogme de l'Assomption. Alors que notre conversion "assomptionne" le monde dans l'attente de Celui qui a dit à soeur Faustine Kowalska : "J'aime particulièrement la Pologne, et si elle obéit à ma volonté, je l'élèverai en puissance et en sainteté. D'elle sortira l'étincelle qui préparera mon ultime venue" (Petit journal - §1732). En canonisant soeur Faustine, le 30 avril 2000, Jean Paul II nous a aidé singulièrement à lire les signes des temps ! . Jean-Yves TARRADE
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